Pêche dans les eaux sénégalaises : GAIPES dénonce 49 bateaux immatriculés depuis 2019 et qui ne disposent pas de licence

La gestion du secteur de la pêche reste toujours gangrenée par le manque de transparence. Plus de quarante-neuf (49) bateaux immatriculés et qui n’ont pas eu de licence pêchent dans les eaux sénégalaises, dans l’illégalité totale. En collaboration avec le Forum Civil et la coalition pour une pêche durable (Conaped), le groupement des armateurs et industriels de la pêche au Sénégal (Gaispes) a organisé un atelier jeudi 30 mai pour expliquer les tenants et les aboutissants de la liste des navires pêchant au Sénégal qui a été publiée le 6 mai.

« Nous avons souhaité que cette liste soit publiée depuis 2019 mais sans succès parce que c’est pour nous un premier trait de bonne gouvernance. Il a été heureux de constater que la nouvelle ministre de la pêche a accédé à ce vœu de tous les acteurs en publiant cette liste qui nous a révélé certains secrets », se réjouit Mme Fatou Niang, membre du bureau du Gaipes.

A la lecture de la liste de la liste publiée par le ministère des pêches, le 6 mai dernier, le Gaipes a noté qu’il y avait une centaine de nouvelles immatriculations depuis 2018 sur la pêche démersale profonde où en 2019, il n’y avait que deux chalutiers sénégalais.

« Aujourd’hui, il y a une quarantaine de licences attribuées sur cette pêcherie et nous avons aussi noté, à la lecture de cette liste, qu’il y a plus de quarante-neuf (49) bateaux immatriculés et qui n’ont pas eu de licence », a révélé Fatou Niang.

Pour le Gaipes, cette première publication des listes est un pas vers la transparence mais l’organisation souhaite qu’il y ait des jalons posés pour encore plus de transparence dans ce secteur et que toutes les leçons soient tirées.

« Ce que nous souhaitons, c’est que les bateaux qui sont autorisés à pêcher au Sénégal le fassent dans le cadre de la loi et que tous les bateaux qui ne respectent pas les conditions ne soient plus autorisés à pêcher. Donc tout ce que nous demandons, c’est l’application de la loi en toute transparence. Nous attendons que d’autres pas soient posés afin que la gestion de la pêche ne fasse plus l’objet de doutes et l’objet de corruption supposée à chaque année électorale au Sénégal », a fait entendre Mme Niang.

La Commission européenne a adressé un « carton jaune », en guise de premier avertissement, à l’encontre du Sénégal en raison de ses pratiques de pêche jugées illicites, alors même qu’un accord de pêche entre le pays et l’Union européenne (UE) expire en novembre.

« Le carton jaune de l’Union européenne est un signal qui vient corroborer les doutes qu’avaient beaucoup d’acteurs sur ces nouvelles immatriculations des bateaux qui avaient un passé de INN et qui débarquent sur nos côtes », estime le Gaipes.

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